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Art Critic

Translation will come soon

Du plus loin qu’elle se souvienne, dessiner a toujours été une activité naturelle pour Nina Urlichs. Née à Nuremberg en 1969, sa vocation d’artiste ne fut donc ni une révélation ni une décision : elle s’imposa à elle comme une évidence.

Elle commence par des études de stylisme, entre 1988 et 1991, menant parallèlement diverses formations dans les Arts Visuels. Elle prit ensuite le temps d’étudier, à Paris, puis à Salzbourg, Hambourg, New-York et Berlin. Quand Nina Urlichs se lance dans la carrière artistique, en 1998, son univers et son langage pictural ont eu le temps de se nourrir de ses diverses influences, de se former, tant dans leur unicité que dans leur particularité.

Sa carrière débute donc il y a dix ans, avec des travaux de peintures, qu’elle poursuit depuis. Mais très vite, ses recherches sur la transparence la mènent à créer des oeuvres sur papier transparent, puis sur papier calque, collé entre deux vitres. En 1999, elle expérimente le Plexiglas, difficile à travailler et imparfait, qu’elle abandonne au bout d’un an au profit du voile textile. Elle trouve là un support original, permettant d’élargir sa réflexion sur la transparence, l’empreinte et le mouvement.

Elle expose régulièrement en France (Paris, St Etienne, Nantes, Lyon…), en Allemagne, en Italie…et une de ses œuvres a été acquise en 1997 par le Musée de Mokpo, en Corée du Sud.

Installée en France depuis de nombreuses années, elle partage aujourd’hui son temps entre l’Allemagne et son atelier dans le quartier du Marais, à Paris.

Marie Deparis
Paris, mars 2007

Nina Urlichs

L’œuvre de Nina Urlichs, dans ses peintures sur toiles comme dans ses œuvres sur voile textile, explore inlassablement les sillages du corps. Mouvement, trace, empreinte : tels sont les essentiels, dans la forme comme dans l’inspiration, de son travail.

Formellement ces préoccupations naquirent, il y a dix ans, de la fascination de l’artiste pour l’expérience du papier qui se délave, notamment dans l’aquarelle, et le désir de retrouver avec d’autres matières, d’autres supports, sur la toile, le plexiglas puis le voile polyester, la transparence, la fluidité et la profondeur, aujourd’hui caractéristiques de son travail.

Ces empreintes dansantes, Nina Urlichs les appelle « écritures », comme si le corps devenait calligraphique, les silhouettes, autant de signes, et la décomposition du mouvement, un langage. Du noir et blanc pour la pureté du geste, la force de la trace, comme des anthropométries nouvelles. Cette association graphique, renforce leur dimension calligraphique et retient le regard sur l’essentiel. Car tandis que le regard est happé et se dissout dans la couleur, se perd dans les détails du trait, le contraste de la trace noire sur le plein blanc ramène l’œil à la pureté de la forme, habite l’espace et manifeste la liberté du geste de l’artiste. De très habiles jeux de voiles conduisent ensuite le regard dans les profondeurs d'une oeuvre toute en transparences, légèreté et mouvement. Ces superpositions en volume intensifient le flou et la fluidité d’une œuvre quasi-cinétique, en appelant à l’œil du spectateur pour recomposer le mouvement et pénétrer en son tréfonds comme on le ferait avec une radiographie. Au-delà de la peinture, l’œuvre s’offre dans un entre-deux plastique à la dimension sculpturale.

Dans une réflexion très contemporaine sur la mise en espace de son travail, Nina Urlichs réalise régulièrement des installation monumentales, déclinant son travail d’impression sur de très grands formats de voiles, sur lesquelles sont parfois projetées des images, renforçant le processus de démultiplication et de profondeur de l’image en mouvement.

Marie Deparis
Paris, mars 2007